Quand la prévention tourne à la répression

Paris, le 12 Février 2009.

Le
11 Février, au collège d'Arthez-de-Béarn, situé dans les
Pyrénées-Atlantiques, des gendarmes, qui devait à l'origine mener une
opération de prévention contre les drogues ont fouillé les élèves à
l'intérieur même de l'établissement. En plein mouvement étudiant, et
plus globalement, de l'ensemble de la communauté éducative, cette
nouvelle technique de prévention-répressive confirme le retour en
arrière de l'Éducation.
En effet, il paraît inadmissible de
laisser les forces de l'ordre intervenir dans un lycée ou un collège
dans un but répressif, l'école étant justement le lieu d'apprentissage
de la citoyenneté et de la vie en société. Ce n'est pas par ce genre de
méthode que l'on évitera la banalisation de la drogue, la répression
étant contre-productive. Il est nécessaire, d'une part, de mener de
véritables campagnes de prévention, explicant les risques liés à la
drogue, et d'autre part, de s'attaquer à la racine du problème qui
n'est rien d'autre qu'un véritable malaise de la jeunesse.
L'Éducation à la santé n'est pas la seule a être aujourd'hui attaquée,
et c'est la santé de l'ensemble de l'Éducation qui est aujourd'hui au
plus bas ! De la maternelle à l'université, le gouvernement, Xavier
Darcos et Valéry Pécresse en premier lieu, continue de démanteler le
service public d'Éducation gratuit et laïc, avec comme but finale la
privatisation du secteur de l'enseignement, ce qui entrainera des
disparités entres établissements, et des inégalités fonctions de moyens
dont disposent les élèves et leur famille ! Dans l'enseignement
supérieur, cette privatisation a déjà largement commencé suite à
l'application de la loi LRU. L'UNL ne peut tolérer un tel retour en
arrière, et réaffirme son attachement à une Éducation pour tous, pour
lequel les lycéens sauront se mobiliser.
C'est pourquoi l'Union Nationale Lycéenne maintient son appel à
rejoindre les manifestations étudiantes, et ce dès aujourd'hui ! Par
ailleurs, l'UNL condamne très fortement toute intervention policière au
sein même des établissements et demande des explications et des excuses
de la part du gouvernement.
Lucie Bousser
Présidente de l'Union Nationale Lycéenne