Si l'UNL a signé le texte de l'Association des
Professeurs de Sciences Economiques et Sociales (APSES) et continuera
de lutter aux côtés de cette dernière, c'est parce que nous croyons
dans cette matière qu'est les SES, nous croyons en ses vertus pour le
lycée et pour les lycéens.
Les SES ont, depuis des années,
réussies à démocratiser le lycée : une matière interdisciplinaire,
complète, et formatrice. Pour nous les SES doivent devenir obligatoire,
1 heure dans la semaine, en seconde. Cependant, la réforme du lycée
proposée la prévoit optionnelle, bien la preuve qu'il n'y à aucune
véritable écoute de la part du ministère envers les lycéens.
Comme vous le savez le gouvernement s'attèle à détruire l'Education
dans son ensemble : suppressions de postes, suppressions des RASED,
réformes bâclées de la maternelle et du lycée... les exemples ne manquent
pas ! Si nous sommes réunis aujourd'hui, c'est pour montrer une
nouvelle fois au gouvernement que nous ne laisserons pas l'éducation
être si facilement détruite et tout particulièrement les sciences
économiques et sociales. Cette matière est la seule matière permettant
une véritable formation des futurs citoyens. Nous ne pouvons, à l'heure
actuelle, avoir des citoyens ayant une méconnaissance de l'économie,
avoir des citoyens ayant une méconnaissance de la sociologie. Les SES
ne peuvent disparaître du paysage éducatif : utiles, formatrices,
éducatrices, nous en avons tous besoin.
C'est un mélange des genres que le ministère se prépare à mettre en
place : fusion des SES et de la STG. Un mélange proposé par le lobbying
d'organisations patronales (Institut de l'Entreprise, Positive
Entreprise...), un mélange au service de ces organisations faisant des
millions d'euro de bénéfices et ne reversant strictement rien à
l'Education, un mélange vraiment utile ? Alors que nous connaissons
aujourd'hui une crise économique et financière sans précédent, le
gouvernement s'empresse de détruire les SES : existe-t-il une moindre
cohérence dans leurs actes ?
De plus, ce dernier semble avoir la volonté de faire progresser l'échec
scolaire, de faire progresser la méritocratie mais en aucun d'améliorer
les conditions d'études. En effet, l'impossibilité pour un élève de
seconde, au second semestre, de commencer par le début du programme de
SES, mais contraints de prendre l'enseignement en cours de route, est
inacceptable. La non évaluation des élèves durant l'année de seconde ne
permet en aucun cas de pouvoir juger les capacités d'un élève,
favorisant les mauvais choix d'orientations et donc l'échec scolaire.
Xavier Darcos, en plus de mépriser professeurs et lycéens, commence à
dédaigner certaines matières et à vouloir les détruire. L'incohérence
des pensées gouvernementales ne présage rien de bon quant à l'avenir
des SES. « Abrutir les citoyens afin d'en faire de bons et loyaux
sujets » telle est la doctrine du Ministère de l'Education Nationale
actuellement, nous rappelant de bien mauvaises périodes. Conditionner
l'homme afin qu'il réagisse à nos bons vouloir que se soit sur un plan
physique ou sur un plan intellectuel : c'est lui ôter sa liberté.
Pour être libre, il faut se battre ; si nous combattons aujourd'hui, il
faudra combattre demain ! Nous ne pouvons laisser les générations
futures avoir une éducation bâclée, dénudée de sens et abrutissante.
Nous ne pouvons regarder la société être détruite et ne rien faire pour
l'en sortir.
Après cette journée de mobilisation des professeurs de SES, sous
l'appel de l'APSES, qui fut une totale réussite ; le 10 décembre
prochain, il faudra de nouveau lutter contre la casse d'un service
public qui nous est cher : celui de l'Education !
Antoine Evennou
Secrétaire Général de l'Union Nationale Lycéenne